Samedi 25 juillet 2009
Vendredi 17 juillet, nous quittons Paris-Austerlitz pour Orléans et les rives du Fleuve Royal. Nous voilà partis pour un week-end à vélo, le premier à deux depuis l'arrivée d'Hugo, voici deux ans et demi. Pour cette virée, notre choix s'est vite porté sur Orléans, pour la beauté du fleuve mais aussi quelques avantages techniques : tous les trains acceptent les vélos, ils sont fréquents et une heure suffit pour relier ces deux villes, enfin on peut moduler les heures de départs au dernier moment les places n'étant pas réservables.

Après une semaine très chaude, nous posons pieds et roues aux Aubrais sous un ciel facétieux avec un arrosage dans les règles de l'art. Le temps de changer de train et une flopée de rustine a été posé là-haut. Serait-ce un avant-goût d'un week-end cape de pluie et chaussettes mouillées ? Nous ne sommes pourtant pas à l'abri d'une bonne surprise...

Dans Orléans, nous improvisons vers 19h une descente en direction des rives du fleuve afin de rejoindre notre hôtel. La piste qui nous relie à Saint-Brevin-les-Pins (Loire Atlantique) passe devant l'entrée de l'Hôtel Océania. Un local fermé assure une protection pour nos destriers. Bref, un lieu d'hébergement qui colle bien au projet de la Loire à vélo.
Le lendemain, nous reprenons la piste vers 10h sous un ciel clément en direction de Beaugency. Il fait très vite une température agréable ce qui m'évite de porter ma polaire trop longtemps. En juillet, ce n'est pas si mal ! Il nous faut patienter 45 minutes avant de commencer à croiser d'autres cyclistes, essentiellement belges, néerlandais, allemands, et de tous âges.

Sur ce tronçon Orléans - Beaugency de la Loire à vélo, l'itinéraire est encore temporaire, et pourtant globalement bien agréable. Certaines parties non carrossables nous semblent un peu trop parsemées de trous pour passer avec carriole et enfants. Nous profitions de ce séjour pour faire un repérage en vu d'un séjour à 4, voir plus.  Ce point de vue sur la géologie locale ne semble pas partagé par une très jeune utilisatrice de 13 mois. Dans sa carriole 2 places aménagée pour un pacha avec doudous, la petite Lucie se trouve être dans les bras de Morphée au moment où nous rencontrons ses jeunes parents près de Meung-sur-Loire. Partis de Saint-Brevin-les-Pins depuis 10 jours, ils comptent rouler encore quelques jours avant de récupérer leur voiture au point de départ. Rencontre très sympa. Seul inconvénient de la carriole : Lucie se repose beaucoup durant les balades et à une grosse énergie en fin de journée lorsque ses parents ont les batteries à plat.

Arrivée à Beaugency pour le déjeuner. Après dégustation de quelques crêpes englouties en compagnie d'autres familles cyclo, nous partons pour un aller-retour jusqu'à Muides-sur-Loire.
Si nous n'avions pas réservé notre nuit, nous aurions pu aller jusqu'à Blois sans encombre. La piste est très souvent perchée sur la levée. Cet ensemble de digues, qui permet de contrôler les débordements du cours d'eau, ont été édifiées entre le Moyen-âge et le XIXe siècle. La dernière crue de référence reste celle de juin 1856 qui fit des dégâts considérables et obligea à revoir le niveau des digues tel qu'on les connait aujourd'hui. La piste s'éloigne de temps en temps du fleuve pour traverser des villages perchés sur de petites collines.

Si nous n'avions pas réservé notre seconde nuit, nous aurions pu rouler jusqu'à Blois sans encombre. Mais il aurait été dommage de rater cette nuit-là, dans ce lieu si particulier de Beaugency. Après cette bonne première journée à vélo, nous regagnons donc l'Hôtel de l'Abbaye. Dans le cadre exceptionnel d'une ancienne abbaye construite au XIIe siècle et reconstruite au XVIIe siècle après un incendie nous récupérons un peu avant d'aller dîner. Chaque chambre (anciennes cellules) porte le nom d'un frère, Guillaume pour la notre. Un ange polychrome plane au dessus du grand escalier, accompagné par des chants de moines. Le soir, nous allons nous ravitailler dans un des restaurants gastronomiques, Le Petit Bateau.

Après une bonne nuit et un copieux petit-déjeuner, nous repartons en direction d'Orléans. Le ciel est moins agréable que la veille mais nous recevrons que quelques gouttes qu'en arrivant sur Orléans pour le déjeuner. En attendant notre prochain train, nous roulons dans les Aubrais. Ca n'a pas le charme des bords de Loire, mais ça aide bien à faire passer le temps.

Je vous livre pour finir quelques chiffres et informations tirés du site de la Loire à vélo. 600 km ont été réalisé en 2009 sur les 800 prévus. Ce projet traverse 2 régions, 6 départements (le Cher, le Loiret, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique), 6 agglomérations (Orléans, Blois, Tours, Saumur, Angers et Nantes) et une vingtaine de gares SNCF accessibles aux vélos. Des plans et documents sont téléchargeables au format PDF depuis le site de la Loire à vélo et vous aideront à programmer votre séjour (hébergements en particulier). Bonne route !


Pour regarder le diaporama en mode plein écran cliquez sur le picto en bas à droite en passant la souris sur l'image.

Par Cycloapiculteur - Publié dans : Vélo
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Mardi 7 juillet 2009
Sur une idée de Martine, nous avons rejoint durant 4 jours (11 - 13 juin) l'herbe bien grasse de la Drôme, à Die précisément, afin de participer à la Fête de la Transhumance. Malgré une petite forme pour Hugo (bronchite, fièvre), toute la troupe était motivée à 200% pour accompagner moutons, chiens et bergers. C'était aussi l'occasion de faire découvrir ce magnifique petit coin de France bordé par le Rhône, les parois du Vercors, et traversé par la Drôme. Enfin, c'était également une belle idée que de repartir avec quelques uns de nos amis du MDB: Sylvie, Soizick, Daniel, Maryline et bien sûr Martine.

Pour nous "échauffer", nous avons commencé par une petite sortie le vendredi, en attendant de rejoindre le troupeau en fin de journée. Avec un thermomètre plus proche de 30 que de 20, nous sommes allés éliminer quelques bonnes toxines parisiennes. Avec Estelle, nous portions chacun un enfant sur le dos et les provisions à l'avant. Un peu sportif, mais ça fait un bien fou. Après un peu plus d'une heure de marche sur le GR95, nous installons le bivouac à l'ombre de quelques arbres, abris du soleil fortement appréciés. Ce chemin nous offre une très belle vue sur Die adossée aux parois sud du Vercors. Nous redescendons en milieu d'après-midi, filons à l'hôtel pour changer les tee-shirts mouillés des petits, goûter / glaces en terrasse, bains et repartons avec toute l'équipe pour la première soirée de ces 3 Jours de Fête, finalement pas si loin de Tati, dans l'atmosphère.
Les 2.000 bêtes sont parquées sur un terrain de foot, des chèvres du Rove
se sont installées au milieu de l'équipe locale, les bergers tapent la discute au bar, les chiens sont un peu nerveux par le nombre de bipèdes sur le secteur, enfin plusieurs chevaux camarguais se reposent avant le départ du lendemain. Durant cette soirée, nous profitons d'un méchoui géant, d'une partie de la projection / débat sur la transhumance provençale. Le Mistral a rafraîchi l'air, le soleil est parti plus à l'ouest et nous partons avant d'autres animations, trop tardives pour les enfants.

Samedi matin, c'est le grand moment tant attendu : la balade d'environ 1 heure 30 jusqu'à la ferme de Baise à côté, au milieu, derrière le troupeau. Celui-ci et tout ce qui va avec commence par faire une boucle dans Die, fanfare en tête histoire de n'oublier personne au fond de son lit. La dernière ligne droite entre la chambre et le raccrochement aux derniers wagons est un peu tendu, mais nous sommes dans le petit train. Plusieurs centaines de piétons sont de la partie, ambiance bon enfant et beaucoup d'enfants sont de la partie, cela va de soi. Au rythme des animaux nous montons tranquillement en occupant toute la route, et donc pas un bruit de moteur ne vient rompre la chorale de bêlements . Hugo sur mes épaules, fort présent, donne régulièrement du Bê
êêêêêêêêêêêêêêêhhh à tue-tête ! On aimerait que ce moment se prolonge.
Une fois arrivés au lieu-dit, nous nous posons à l'ombre de pins. Estelle emmène Hugo assister à une démonstration de chevaux camarguais. Plus tard, ce seront des démonstrations de chiens de troupeau, tonte de moutons tandis que de magnifiques vautours fauves planent au dessus de nos têtes.
Nous redescendons sur Die tous les 2 avec les enfants. Est-ce bien nécessaire de préciser que le retour accompagné par les voitures est d'une toute autre ambiance.

Dimanche matin, nous arrivons essoufflés au car qui doit nous emmener au col de Rousset (1255 m.). Ces débuts de matinées sont décidément tendues et sportives. L'ascension vers le col est un moment magnifique; on rejoint le plateau du Vercors par une série de lacets accrochés à une paroi verticale. Là haut, le temps est beaucoup moins clément avec un ciel bouché, du Mistral et un thermomètre plus proche de 10. Nous trouvons fort heureusement rapidement une boutique de sport afin d'habiller Hugo
d'un pantalon polaire. Celui-ci retrouve le sourire et loue à loisir son pantalon tout doux.
Un peu plus tard, nous assistons à de nouvelles démonstrations de chiens de troupeau : avec quelques mots ou un sifflet, le berger donne ses ordres et le chien s'exécute en poussant le troupeau, le faisant aller à droite ou à gauche puis s'arrêter avec une précision époustouflante. Le même exercice avec un groupe de canards, en contact pour la première fois avec des chiens, donne un spectacle aussi étonnant et drôle.

Après un déjeuner au chaud où nous avons particulièrement pris notre temps, une descente tout aussi magnifique qu'à l'aller, passage à l'hôtel, nous reprenons la direction de la petite gare de Die avec Soizick. Nous prenons notre TER accompagnés de belles images, de parfums, d'ambiances chaleureuses. Et d'être partis en groupe, cela a beaucoup plu à l'ensemble de la petite famille. A refaire !




Par Cycloapiculteur - Publié dans : A pied
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Dimanche 7 juin 2009
Nous partîmes 5 (avec Fred) et nous arrivâmes 3.000(*) !

La Convergence 2009 a tenu ses promesses : de nombreux cyclistes ont convergé vers Paris dans le principe "les petits ruisseaux font les grandes rivières". Ainsi, de grands axes tels que celui que nous avons empruntés depuis le château de Vincennes (Pte de Vincennes, Nation, Bastille, St Antoine et Rivoli, Opéra, La Madeleine, Concorde) pour rallier les Invalides ont été pris d'assaut par des groupes très impressionants de cyclistes venant des environs de Paris. Tous les âges étaient représentés, tous les styles et ce dans une franche bonne humeur.


Même si la distance fut plus importante que le week-end précédent (30 km) les loulous ont été très cools, voir ont dormi par moment bercés par le roulis et les mouvements de la suspension. Sur la fin, Anaïs avait franchement hâte de voir venir le ravitaillement. Hugo a tapé généreusement dans un paquet de chips : merci Vivi.

Ce fut l'occasion de revoir nombre de cyclos que nous avions pas vus depuis l'arrivée d'Anaïs et cela nous a fait sincèrement plaisir de retrouver cette grande famille.

Le pique-nique aux Invalides fut un moment très convivial comme nous les aimons et qui fait partie de l'esprit des sorties dominicales du MDB. Hugo a pu courrir dans tous les sens sur l'esplanade des Invalides et jouer au foot tandis que Anaïs se faisait dorloter telle une petite poupée.

Vivement les prochaines sorties !

Les cycloapiculteurs
* chiffres à confirmer










Par Cycloapiculteur - Publié dans : Vélo
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Mercredi 6 février 2008
Nous étions partis pour parcourir le canal de Nantes à Brest en cette fin du mois d'août 2007. Après un été ruisselant et déprimant, nous avions parié sur une météo plus clémente pour cette nouvelle expédition cyclotouriste, pour le baptême d'Hugo des voyages à pédales. Sur le papier, le tracé semblait agréable avec pas trop de dénivelés, le long de cours d'eau dans cette région ça ne pouvait qu'être tranquille. Le parcours va rapidement s'avérer tout autre, heureusement sous le soleil. Improvisation quand tu nous tiens !

Nous sommes le 20 août, près de Redon, et l'anticyclone des Açores, plutôt mou depuis le mois de juin, semble enfin être prêt à œuvrer. Après quelques jours de pluies abondantes, les yeux scrutant chaque jour le ciel, analysant le baromètre et les cartes météo, regardant nos sacoches dans notre chambre, enfin le soleil réussit à transpercer les vagues incessantes de nuages. Nous quittons le grand-père Georges (d'Estelle) à Redon et partons pour un aller-retour Redon Châteauneuf-du-Faou, soit environ 500 km sur les chemins de halage le long de ce canal plutôt particulier. Pour ceux qui souhaitent découvrir ce parcours à vélo (ou à pied) il vous faut absolument emporter le Guide : Le canal de Nantes à Brest : Guide du randonneur. Avec lui, vous découvrirez le nom de chaque écluse, pourrez planifier vos hébergements, aurez une très bonne idée de l'histoire du canal, de la difficulté de sa mise en oeuvre dans une région qui ne parlait pas français au début du XIXe siècle et son impact sur le développement économique du centre de la Bretagne. A Redon, vous pouvez visiter un musée simple et bien fait sur le canal et l'univers de la batellerie.

 


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Nous voici donc partis. Les premiers coups de pédale nous excitent beaucoup. Notre dernier voyage à vélo remonte au mois d’avril 2006 dans le Perche Vendômois, soit une longue parenthèse de 16 mois pour un couple amoureux de voyages à vélo. Nous croisons rapidement nos premières écluses. Ce sont de mini forteresses tout de granit vêtues. Afin de supporter le travail mécanique subi, le poids de certaines pierres peut atteindre la tonne et l'ouvrage dans son ensemble pèse 6 000 tonnes. Toutes très fleuries, les écluses offrent un contraste fort entre fragilité et puissance, couleurs chromatiques et achromatiques, l'éphémère reposant sur deux siècles d'existence.
Les premiers kilomètres se déroulent tranquillement. Puis Hugo commence à se manifester. Il semble que quelque chose le dérange : la bande de gazon au milieu du chemin. De ce fait, les roues de la carriole roulent chacune sur l'herbe et l'ambiance tape- cul ne lui plaît guère. Nous finissons les 7 derniers kilomètres de la première étape par une départementale (D147). Nous arrivons à Malestroit vers 20 h avec un Hugo qui s'est endormi enfin, doucement bercé dans son hamac. Nous sommes donc contraints de changer de parcours. Fort heureusement croise ici une voie verte aménagée sur le tracé d'une ancienne voie ferrée :
Questembert - Mauron. Après avoir accepté l'idée d'abandonner ce projet qui nous tenait tant à cœur depuis quelques mois, nous passons une soirée fort agréable dans cette petite ville médiévale. Le dîner se déroule forcément dans une crêperie, en terrasse, il fait bon, nous sommes sur la route et donnons rendez-vous au canal dans 2 ou 3 ans.



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Pour quitter Malestroit, nous rencontrons quelques difficultés à trouver la voie verte car nous ne croisons aucun fléchage. Heureusement, l'usage de la langue française nous aide beaucoup auprès des autochtones. Longue de 53 km, cette voie cyclable offre un enrobé très roulant et un dénivelé pas très important. Afin d'éviter l'intrusion de véhicules à moteur, la piste est protégée à chaque croisement par un jeu de barrières et sas. Ce sont des obstacles pas trop gênants pour un vélo, sauf s’il est raccordé à une carriole. Il faut dans ce cas poser pied à terre et à manœuvrer à deux.

Nous faisons halte en deux endroits : près de Pleucadeuc chez le couple Piquet, éleveurs de vaches laitières, à la retraite et fort accueillants. Nous profitons le soir de leur cuisine, et Hugo d'un espace de jeu très bien fourni où il se sent tout à fait à son aise. Mme Piquet est assistante maternelle. Elle a ainsi gardé ses huit petits-enfants chez elle ! À Ploërmel , nous nous arrêtons dans un très bel hôtel au bord du lac. La prestation est de qualité, le restaurant notamment nous fait fort bonne impression. Mais tout est beaucoup trop aseptisé à notre goût. Nous regrettons l'accueil de nos retraités. Au bord d'un lac, nous allons aussi regretter la visite d'un moustique coriace qui prendra un malin plaisir à défigurer Hugo. Avant de rejoindre Pipriac, nous nous posons un dernier soir près du canal, dans un hôtel-restaurant en perte de vitesse : de grandes salles mais peu de clients, une patronne gentille mais dépassée par les évènements, des moquettes dans les couloirs sentant la moisissure et une chambre bien vide. Une nuit, c’est vite passé. Nous regagnons Pipriac et la maison de Georges par de petites routes. Et contre toute attente, le parcours est vallonné et varié, calme avec beaucoup de passages charmants. Nous glissons d’une vallée à une autre, petit train avec ses trois uniques passagers. L’allure varie de 25 à 5 km/h, tout dépend du sens de la pente. Et nous reconnaissons en fin de journée la petite route communale qui passe devant chez Georges. Fin de l’étape bretonne.



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Nous avons décidé de poursuivre notre séjour sur une île qui aime les vélos : Ré. Celle-ci est fort bien fournie avec 100 km de pistes. C'est véritablement le paradis du vélo : terrain facile d'accès, notamment en famille, pas de dénivelé et tracés variés entre côte, villages et marais salants. Si vous avez oublié votre vélo, carriole, tandem ou autre, pas de regrets : vous trouverez dans chaque ville plusieurs loueurs avec pléthore d'options. Les pistes sont très chargées semble-t-il durant les vacances d'été. Par contre, fin août et le début septembre, les axes sont relativement bien dégagés.

L'île de Ré mesure 30 km de long, 5 km de large et vue du ciel elle fait penser à une coquille d'escargot en partie déroulée. L'un de ses atouts majeurs : un ensoleillement digne de la cote méditerranéenne. Nous nous sommes installés à La Couarde-sur-Mer, à mi-chemin entre les deux extrémités. Pour vous donner quelques repères, le cordon omiblical (le pont) se trouve à l'est ainsi que de grandes forêts de pins et la séduisante ville de Saint-Martin-de-Ré. À l'ouest, environ 50 % des terres sont des marais salants, c'est-à-dire des terres gagnées sur la mer grâce au dépôt de sédiments au cours du dernier millénaire ainsi qu'au travail de l'homme. Le sel fut l'élément moteur du développement économique de l'île jusqu'au xixe siècle avec une majorité de clients dans les pays nordiques, poisson oblige. Nombre de bassins sont aujourd'hui à sec. Toute cette zone de marais héberge de nombreux migrateurs tels que aigrette garzette, pingouin torda, sterne, tadorne, gorgebleue ou avocette.

L'habitat traditionnel est dominé par la maison de pêcheur. Maison généralement modeste, elle est bâtie sur un seul niveau et nous avons le plaisir de loger dans l'une d'entre elles construite dans les années 1940, au charme intact malgré ses 67 années : murs enduits à la chaux, toiture de tuile, petite cour pour ranger vélos et carriole.

Rando 1

Direction plein nord pour une expédition de reconnaissance. Après quelques hésitations, nous finissons par poser nos roues sur la piste recherchée. Les plans des villes sont plus labyrinthiques qu'haussmanniens. Cela fait partie de leur charme et nous donne beaucoup de chances de nous égarer. De l'autre côté de l'anneau routier, qui ceint La Couarde, s'étendent les vignobles de Ré (pineau, cognac, sauvignon et chardonnay). Au milieu de ces hectares de pieds, nous rencontrons un trafic consistant de cyclistes. À l'approche de Loix, la piste devient tortueuse, zigzague entre la digue sur notre droite et un patchwork de bassins à marais salants sur notre gauche. Comme chaque fin de journée, des pompes alimentent ces réceptacles. Il règne sur cette frontière une harmonie entre l'océan et une nature maîtrisée. Passé une écluse, nous entrons dans un nouveau plan labyrinthique, celui de Loix tramé par des murs blancs tachetés de volets verts. Les rues sont presque désertes. Seul le ressac, à quelques centaines de mètres, vient rythmer le silence.



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Rando 2

Cap plein est pour rejoindre le pont par la côte sud. De petits trains se forment peu à peu sous les pins. La circulation cycliste est ici plus dense : des papas et mamans se déplacent avec leurs petits rouleurs parfois autonomes, en 3e roue ou comme Hugo dans leur carriole. On découvre à cette occasion une richesse et une densité d'espèces cyclistes assez exceptionnelles pour la France. Serait-ce une zone protégée pour la migration et la reproduction de l'espèce ? L'arrivée au pied du pont est impressionnante, cette gigantesque colonne vertébrale en courbe, magnifique stabile à la Calder. Le retour se fait par la côte nord : La Flotte puis Saint-Martin, place forte du marquis de Vauban. Nous prenons le temps de marcher sur les pavés de celle-ci autour de son port plein de charme, bien que très fréquenté. Nous reprenons la piste alors que le soleil commence à colorer différemment le ciel et la mer en cette fin de journée. Nous savourons les six derniers kilomètres le long du bord de mer sur une piste désertée. Hugo regarde étonné les mouvements de cette gigantesque baignoire.



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Rando 3

Aujourd'hui, nous prenons la direction opposée de la veille. Cela commence comme le premier jour par une longue ligne droite à travers les vignobles. Puis rapidement, on se retrouve à longer les marais salants. La juxtaposition de ces bassins offre au regard des trames complexes, des patchworks à une échelle qui nous dépasse mais qu'on imagine magnifiques vus du ciel. Les sols sont parfois asséchés, craquelés, saupoudrés d'or blanc, ou baignant dans l'eau accompagnés d'une végétation typique comme la salicorne. Certains bassins sont très fournis en oiseaux, parfois accompagnés d'un troupeau de moutons échoué là. Nous croisons sur notre route Ars-en-Ré, repère fort au milieu des marais. Le clocher de son église sert d'amer remarquable avec sa pointe noire et sa base peinte en blanc. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées se sont autorisé là une intervention graphique plutôt étonnante. Ainsi, l'église Saint-Étienne est-elle utile comme repère depuis 1807 aussi bien aux marins qui doivent emprunter un chenal pour rejoindre le port d'Ars-en-Ré, qu'aujourd'hui à nous cyclistes à travers les marais.

Nous pique-niquons à quelques coups de pédale du centre-ville, trop animé pour nous. Puis nous filons plus à l'ouest pour rendre visite à un autre repère maritime important : le phare des Baleines. Ce nom provient, semble-t-il, des baleines qui venaient s'échouer sur cette côte voici quelques siècles. Des bateaux connurent les mêmes désagréments, et l'administration des phares et balises décida d'ériger la tour des Baleines (1682) puis le phare (1854). Pour rejoindre le bout de l'île, Trousse-Chemise et La Patache, on traverse la forêt domaniale du Lizay avec une piste qui ondule et tangue doucement en longeant les plages de l'ouest. Pour le retour, nous prenons une route un peu différent qui traverse beaucoup plus les marais salants (la partie enroulée de l'escargot). Cette petite route passe devant la maison du Fier, nom de la petite mer formée par l'enroulement de cette partie de l'île. Il faut savoir que, à l'origine, Ré était formée de 3 ou 4 îlots. Au fur et à mesure du temps et des marées, ces îlots ont fini par se souder avec le dépôt d'alluvions argileuses, et ce après le Moyen Âge. Faute de temps et saisis par la beauté de cette partie de l'île, nous déciderons de repasser le lendemain. La maison du Fier est située au cœur de la Réserve naturelle dans les marais naturels qui hébergent jusqu'à 250 espèces. La LPO est responsable de cette zone géographique et propose dans cet ancien hangar à sel une exposition sur la faune et la flore des marais en particulier.


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Cliquez ici pour accéder à l'album photo.

 

Une petite semaine passe très vite dans cet environnement bien agréable, presque hors du temps. Même si Ré n'est plus une île, elle en garde encore l'atmosphère. Nous avons croisé une population fort agréable malgré ce succès touristique qui en fait son nouveau moteur économique. Tout comme pour le canal de Nantes à Brest, nous faisons le vœu de revenir poser nos vélos, carriole et tétines dans un an ou deux.


Arnaud

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Vieux proverbes bretons tirés du guide « Le Canal de Nantes à Brest ».
Ces proverbes sont un concentré de mauvaise foi grammaticale, de chouchenn et de lambig, comme le précise l'éditeur :



"Qui voit La Jonnelière,
rêve d'un tonneau de bière"
(La Jonnelière est un pont sur l'Erdre)

"En vélocipède sur le canal,
souvent aux fesses tu auras mal"

"Qui voit La Villaine,
n'est pas au bout de ses peines"

 

Quelques sites à consulter avant de préparer votre voyage.
.
L'éditeur du Guide du Canal de Nantes à Brest écrit par Jacques Clouteau :

http://www.levieuxcrayon.com/CanalNB/CanalIndex.html

La voie verte de Mauron à Questembert :
http://www.voiesvertes.com/htm/detaille56mlq3.htm

Les cartes de l'île de Ré:
http://www.iledere.com/

La maison du Fier :
http://www.marais-salant.com/

Par Cycloapiculteur - Publié dans : Vélo
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Samedi 25 février 2006

Après un mariage réussi entre famille et amis, nous avions tous les deux une envie très forte pour cette destination du bout du monde, fin de la terre. Nous avons beaucoup bougé en 18 jours entre les 40e rugissants et 50e hurlants.

Cliquez sur l'image pour accéder à l'album photo.

Par Cycloapiculteur - Publié dans : A pied
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blog de Hugo & Co



 
Nous aimons les voyages à vélo, à pied et pratiquons également l'apiculture. Hugo nous a rejoint le 25 décembre 2006 pour de nouvelles aventures. Ce second site est plus dédié à nos voyages.

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